Lettre mensuelle
Mars 2026

Le déclenchement de l’opération « Epic Fury » au Moyen-Orient a profondément marqué le mois de mars, installant un climat de tension durable et ravivant la volatilité, en particulier sur l’énergie et les anticipations d’inflation. Sur le mois le Stoxx Europe 600 NTR (dividendes réinvestis) perd 5,22% alors que le S&P 500 NTR lui ne perd que 2,67%. Le taux à 10 ans américain est passé de 3,94% à 4,32% et le 10 ans allemand de 2,64% à 3%.
Aux États-Unis, le marché du travail montre des signes de normalisation, avec des créations d’emplois moins dynamiques. La hausse des prix de l’énergie en fin de mois vient compliquer davantage la trajectoire de désinflation, même si l’économie américaine reste relativement protégée en tant que premier producteur mondial de pétrole. Les enquêtes d’activité publiées en mars continuent de signaler une économie en expansion, portée par les services, mais avec une incertitude accrue du côté des entreprises. Sur le plan politique, la situation est plus délicate : l’enlisement du conflit représente un risque pour l’administration Trump, à l’approche des élections de mi-mandat, dans un contexte où les interventions extérieures vont à l’encontre des engagements de campagne et où le coût budgétaire du conflit pourrait devenir un sujet. Dans ce cadre, la Réserve fédérale conserve une posture prudente.
En Europe, le choc est plus direct. La remontée des prix de l’énergie en fin de mois ravive les tensions inflationnistes, en Zone Euro l’inflation a atteint 2,50% en glissement annuel contre 1,90% le mois précédent. Pour autant, l’activité résiste mieux que prévu à ce stade : les indices PMI publiés en mars restent en zone d’expansion, suggérant une économie qui tient malgré un environnement plus dégradé. Cette résilience s’accompagne néanmoins d’une visibilité réduite et d’un discours plus prudent des entreprises. Au Royaume-Uni, la situation est plus fragile, avec une inflation toujours élevée et des indicateurs d’activité qui pointent vers un ralentissement plus marqué. Alors qu’un cycle de baisses de taux était encore envisagé au Royaume-Uni, et possiblement en Europe, les marchés anticipent désormais plutôt un resserrement monétaire de la part des banques centrales.
En Chine, les autorités ont confirmé un objectif de croissance mesuré et continuent de soutenir l’activité de manière ciblée. Les données publiées en mars montrent un début d’année correct.
Le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage clé pour une grande partie du pétrole mondial, a brutalement désorganisé les flux et tendu le marché. Le Brent a ainsi atteint 118$ le baril en mars et a quasiment doublé depuis le début de l’année. Le marché a réagi très rapidement et reste particulièrement volatil, au gré des prises de parole de Donald Trump et de son administration