Lettre mensuelle
Juillet 2026

Si la reprise du conflit en Iran a pesé sur les marchés, les principales interrogations sont venues des États-Unis, où les investisseurs ont surtout questionné la rentabilité des investissements massifs liés à l’intelligence artificielle. Les marchés US ont été davantage pénalisés sur le mois car le S&P 500 NTR perd 0,96%, fortement impacté par la baisse du secteur de la tech, alors que le Stoxx Europe 600 NTR (dividendes réinvestis) gagne 2,21%. Le taux à 10 ans américain est passé de 4.47% à 4,73% et le 10 ans allemand de 2,86% à 3,21%.
Aux États-Unis, l’économie a ralenti au deuxième trimestre, le PIB a progressé de 1,5 % par rapport au trimestre précédent, en rythme trimestriel annualisé, après 2,1 % au premier trimestre. Ce chiffre ne remet toutefois pas en cause la solidité de la demande intérieure, la consommation a accéléré à 3,2 % et l’investissement des entreprises est resté solide. L’inflation a temporairement ralenti en juin, notamment grâce au repli des prix de l’énergie, mais les pressions sous-jacentes restent élevées. Le marché du travail a envoyé des signaux contrastés, avec seulement 57 000 créations d’emplois en juin, tandis que les demandes d’allocations chômage sont restées très faibles. Dans ce contexte, la Réserve fédérale (banque centrale américaine) a maintenu ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, en restant vigilante face au risque inflationniste.
En Europe, l’activité a montré des signes encourageants de stabilisation au cours du mois de juillet. Les indicateurs d’activité des entreprises sont restés solides et suggèrent une légère expansion de l’économie de la zone euro, même si la situation demeure contrastée selon les pays et les secteurs. La principale attention se porte désormais sur l’inflation. Selon les premières estimations de juillet, le taux de croissance annuel de l’inflation s’établit à 2,9 % en zone euro, à 2,8 % en Allemagne et à 3,5 % en Espagne. Ces chiffres illustrent la persistance de pressions sur les prix, notamment dans les services et l’énergie, et limitent la marge de manœuvre de la Banque centrale européenne. Celle-ci a maintenu son taux de dépôt à 2,25 %, tout en soulignant que les conséquences du choc énergétique restaient incertaines. Au Royaume-Uni, la Banque d’Angleterre a également laissé son taux directeur inchangé à 3,75 %, l’inflation demeurant une préoccupation majeure.
En Chine, la croissance est restée soutenue au deuxième trimestre, avec un PIB en hausse de 4,3 % sur un an. Les exportations et la production industrielle ont continué de bien résister, tandis que les ventes au détail ont progressé de 1,0 % sur un an en juin. L’économie reste néanmoins marquée par la faiblesse du secteur immobilier, car les prix des logements ont poursuivi leur recul et l’investissement immobilier demeure nettement orienté à la baisse. Les autorités ont maintenu un soutien ciblé à l’économie, sans annoncer à ce stade de plan de relance de grande ampleur.
Les matières premières sont restées très sensibles aux tensions entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent a atteint 100 dollars le baril le 23 juillet, avant de retomber autour de 90 dollars en fin de mois. L’évolution de ce conflit restera un facteur déterminant pour les prix de l’énergie, l’inflation et les décisions des grandes banques centrales.
L’équipe de Gestion Cybèle AM.