Lettre mensuelle
Avril 2026

Le mois d’avril est resté largement dominé par le conflit en Iran, mais la solidité des publications, notamment aux États-Unis, a soutenu la hausse des indices actions. Sur le mois le Stoxx Europe 600 NTR (dividendes réinvestis) gagne 5.56% et le S&P 500 NTR ne gagne que 8.75%. Le taux à 10 ans américain est passé de 4.32% à 4,37% et le 10 ans allemand de 3% à 3.04%.
Aux États-Unis, l’économie continue de résister malgré un environnement plus incertain. La croissance du premier trimestre a accéléré à 2,0 % en rythme trimestriel annualisé, après seulement 0,5 % au quatrième trimestre 2025, portée principalement par l’investissement des entreprises. Les commandes de biens d’équipement ont fortement progressé en mars, soutenues par les dépenses liées à l’intelligence artificielle, ce qui confirme que le cycle d’investissement reste solide à ce stade. La consommation apparaît toutefois plus vulnérable, pénalisée par la remontée des prix de l’énergie et par une inflation qui repart à la hausse. Dans ce contexte, la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés fin avril, mais la réunion a mis en évidence des divergences plus marquées au sein du comité.
En Europe, le choc est plus direct. La Zone Euro est désormais confrontée à un arbitrage plus difficile entre ralentissement de l’activité et reprise des tensions inflationnistes. Le PIB n’a progressé que de 0,1 % au premier trimestre, tandis que l’inflation est remontée à 3,0 % en avril, portée par l’énergie. Les enquêtes d’activité se sont nettement détériorées : l’indice PMI composite est retombé à 48,6, signalant une contraction de l’activité privée pour la première fois depuis fin 2024. La BCE a laissé son taux de dépôt inchangé à 2,0 %, mais le discours est devenu plus prudent. Une hausse de taux en juin est désormais envisagée par les marchés. Au Royaume-Uni, la situation reste également fragile. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés en avril.
En Chine, les données confirment une reprise encore déséquilibrée. Les enquêtes PMI montrent que la demande extérieure demeure le principal moteur de l’activité, avec des commandes à l’exportation dynamiques qui soutiennent le secteur manufacturier. La demande domestique reste plus fragile, notamment dans l’immobilier, où l’amélioration récente ne constitue pas encore un véritable point de retournement.
Le conflit autour du détroit d’Ormuz est resté le principal facteur de tension du mois. Le Brent est repassé au-dessus de 105 dollars le baril au cours du mois, avec des plus hauts nettement plus élevés lors des épisodes de tension. Les marchés restent très sensibles aux annonces de l’administration américaine, aux mouvements de navires et à l’état des négociations avec l’Iran. À ce stade, le conflit agit comme un choc stagflationniste mondial.